“Dominance” chez le chien

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les secrets de l'intelligence animale

Notion de dominance

La notion de dominance chez le chien provoque bien des discutions. En effet, tout le monde n’est pas d’accord sur le sujet. Certains pensent que la hiérarchie inter-espèce entre le chien et l’homme n’existe pas. Personnellement je suis persuadée qu’elle existe. En tant que comportementaliste, j’ai pu souvent observer des résultats très intéressants juste en mettant en place des règles de vie fondées sur la notion de hiérarchie. Cette notion de dominance ou de hiérarchie ne veut pas dire brutaliser le chien. Tout est question de respect. Le respect de l’animal pour son chef de meute, obtenu dans le respect du chien.

 

Je vous propose ce petit extrait d’un livre très intéressant : ” Les secrets de l’intelligence animale “. L’extrait provient du chapitre “Entre chien et loup, l’histoire de deux cousins”. L’auteur de ce passage, Pierre Jouventin, y explique la domestication des loups par les hommes préhistoriques. Il précise la spécificité du chien par rapport au loup. Le chien reste en quelque sorte un loup juvénile toute sa vie. Il vous expose sa vision très intéressante de cette notion de dominance bienveillante. Notion de dominance qu’il explique venir tout naturellement de la domestication.

 

Je vous laisse apprécier cet extrait :

“Le chien, un ado éternel”

“Pourquoi l’homme a t’il créé le chien? Pour comprendre le passage du loup au chien, il faut savoir que le loup, pourtant si utile pour chasser et garder le campement, devenait dangereux quand il devenait adulte.Chaque année, les loups remettent en question leur position hiérarchique dans le groupe, puisqu’un seul couple se reproduit normalement dans la meute.Empiriquement, nos ancêtres, les hommes préhistoriques, ont sélectionné dans les portées les louveteaux les moins agressifs et les ont reproduits entre eux pour conserver ce caractère.

En éliminant parallèlement les individus à problème de leurs campements, ils ont obtenu des individus dociles qui restent juvéniles toute leur vie et ne remettent jamais en question la dominance du chef. Or dans une famille de chasseurs préhistoriques, le maître du chien était le dominant, et si le loup (ou le chien trop proche du loup) devenait agressif en attaquant parfois le chasseur ou ses proches, il fallait l’éliminer. Il y a quelques dizaines de milliers d’années, nos ancêtres ont donc sélectionné – sans en prendre vraiment conscience – des individus particulièrement dociles pour arriver à des chiens.

En créant ainsi des “adolescents éternels”qui acceptent toute leur vie la dominance de leur maître, on a évité la plupart des risques d’accidents, si fréquents avec un fauve normalement très affectueux avec ses proches (comme nous allons le voir), mais qui, dans un mouvement d’humeur, en une seconde peut broyer une main d’un coup de dents…

Dans votre famille, qu’est-ce qu’un chien par rapport à vous? Comment éviter les disputes et les morsures? Comme nous l’avons vu, le chien reste toute sa vie un jeune loup qui respecte le chef de meute que vous êtes sans même vous en rendre compte. C’est beaucoup plus facile qu’avec un loup adulte, avec lequel toute erreur ou conflit peut provoquer un drame. Mais si vous ne comprenez pas la règle du jeuou si vous ne vous conduisez pas un minimum en chef de bande, un chien peut vous remettre en question et vous attaquer pour établir sa dominance.

Les vétérinaires comportementalistes et les éducateurs canins doivent perpétuellement corriger les gens qui ignorent cela, et ne s’entendent pas bien avec leur toutou redevenu loup. Si vous laissez votre chien décider de tout, alors qu’il attend que vous vous conduisiez comme un maître-chien, c’est à dire comme un chef de meute, si vous le laissez sortir quand il veut et où il veut, monter sur les canapés ou les lits, manger quand il veut et avant vous, vous risquez d’avoir des problèmes, surtout si votre chien est dominant. Il faut que vous gardiez un ascendant sur votre compagnon, ce qui ne signifie surtout pas le terroriser ou le battre, mais exercer une dominance bienveillante, une sorte de paternalisme.”